Aujourd’hui, c’est la fête de ma mère, de notre mère ! Car s’il y a la fête des mères, il y a aussi la fête de la Mère, la BVM.
Le ton solennel de la célébration du mystère de la maternité divine de la BVM contraste grandement avec les conditions dans lesquelles cette maternité fut exercée. Non que la Bse Vierge n’aurait su apporter un peu de solennité dans les fêtes familiales. Sans en avoir précisions ni certitude, il est légitime de supposer qu’elle le faisait. Mais, pour la Mère de Dieu, on aurait imaginé un autre lieu d’accouchement qu’une excavation rocheuse servant d’étable, d’autres conditions de vie que celles d’une menuiserie de campagne loin de Jérusalem, un autre sort que d’être ballottée sur les chemins d’exile avec un nouveau-né sur les bras, vivant dans un pays étranger, livrée au bon vouloir de ses habitants, … Il faut l’essayer pour en mesurer le poids ! Pourtant telles étaient bien les conditions extérieures de vie de la Mère de Dieu. Les épreuves intérieures s’y ajoutait pour que s’accomplisse la parole : « ton âme, ou, ton cœur, selon l’ancien traduction, sera traversée d’un glaive », « ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » La Sainte Mère de Dieu nous y apporte une leçon de vie. Quels événements, Marie retenait-elle dans son cœur ? Le refus d’être admise dans la salle commune de Bethléem ? Les déboires du voyage causé par la persécution d’Hérode ? Non. Il s’agit des événements concernant son divin Fils et le salut des hommes. Ce n’est donc pas ce qui transperce son cœur que la Bse Mère retient mais les événements de salut des hommes, de ceux qui transpercent le cœur de ses semblables. Et pour être clair, j’en suis le premier. Alors, ce sont les événements du salut qui ont finalement formé le cœur immaculé de notre Mère, le rendant plus parfait, plus fort, plus paisible. Les déboires et malveillances des autres, gardés et ruminés à longueur de journée, n’auraient jamais pu faire le même travail. Il en va de même pour notre cœur, puisque nous sommes ses fils.
« Sur son chemin, dit St JP II dans Redemptoris Mater, l’Église progresse en suivant l’itinéraire accompli par la Bse Vierge Marie (RM, n. 2). Notre itinéraire de foi est celui de Marie qui nous précède sur les routes que nous parcourons. » Ces deux itinéraires, le sien et le nôtre, se sont rejoints quand nous avons entendu : « Voici ta mère ! » (Jn 19, 27) de la part du Sauveur crucifié.
« Au moment où la foi des disciples était fissurée par tant de difficultés et d’incertitudes, dit le pape François, Jésus les confiait à Celle qui avait été la première à croire, et en qui la foi n’a jamais faibli. Et la « femme » devient notre Mère au moment où elle perd son divin Fils. Son cœur blessé se dilate pour faire place à tous les hommes, bons et mauvais. Elle les aime comme elle aimait Jésus. /…/ et elle » l’apprend à ses enfants « avec une affection maternelle » pour éveiller leur espérance.
Si, durant l’année dernière, votre cœur a été transpercé par les événements passés, « regarde l’étoile », comme le dit admirablement st Bernard, suis Marie ! Suis son chemin, médite dans ton cœur les événements du salut. Et faisant ainsi, durant cette nouvelle année, par l’intercession de ta Mère,
« Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu’il t’apporte la paix ! »
Amen.