St Benoît-Joseph 2026

Jeune encore, et tout au long de sa relativement courte vie, saint Benoît-Joseph a connu les revers de l’existence.

La chartreuse de Longuenesse, la chartreuse de Neuville-sous-Montreuil, la Grande-Trappe, Sept-Fons… Quatre monastères où il aurait voulu entrer, entre dix-huit et vingt et un ans. Trois essais chez les chartreux de Neuville-sous-Montreuil ; neuf mois chez nous : ce fut son plus long séjour. Profondément marqué par la mort tragique de son oncle prêtre, celui qui l’avait accueilli pendant plusieurs années dans son presbytère et encouragé dans sa vocation, il s’est ensuite non seulement heurté à une série de portes fermées, mais il a fait, jusqu’au bout, l’expérience de ses propres limites : santé fragile, angoisses, scrupules. « Renvoyé à cause de ses peines d’esprit qui laissaient à craindre pour sa tête », peut-on lire dans le registre de Sept-Fons après son passage.

Ces échecs, touchant à la racine de son être et aux aspirations de son cœur, auraient pu le briser, le laisser désemparé et amer pour le reste de sa vie.

C’est le contraire qui se produit. Par un secret ressort, dû sans doute à sa finesse et à la grâce, tel un poisson qui, de deux ou trois coups de nageoires, retrouve le courant porteur, il trouve sa voie : pérégriner d’église en église, vivre à l’ombre du tabernacle, faire de la route son sanctuaire, son cloître.

On a pu écrire : « Aux jeunes religieux, enseignons à considérer leur vocation dans la perspective de l’intimité. De la sorte, ils se disposeront d’abord à la patience envers Dieu et ils ne seront pas trop sensibles aux déceptions, même quand il leur faudra supporter l’absurde. Ils accéderont à cette béatitude proclamée par notre Seigneur et trop peu remarquée : “Bienheureux celui qui ne se scandalisera pas à mon sujet !”, c’est-à-dire de la conduite de Jésus à son égard. »

C’est ainsi que saint Benoît-Joseph cheminait avec son Dieu. Souple et docile, il a appris à faire flèche de tout bois. Ainsi ne s’est-il jamais enlisé. C’est pour cela qu’il est le patron de notre noviciat.

Car c’est dès le noviciat qu’il nous faut faire nôtre ce mot d’ordre :

« Heureux celui qui ne perdra pas la foi en moi – même lorsque le chemin sur lequel je le conduis devient déroutant. »

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