2e dimanche de Pâques

Il a fallu 8 jours de refus ; 8 jours de résistance opiniâtre et d’obstination, pour que jaillisse, enfin, du cœur saint Thomas, la profession de foi la plus audacieuse de l’évangile : Mon Seigneur et mon Dieu !

Belle leçon de l’apôtre ! non pour nous conforter dans nos égarements… mais pour revenir inlassablement, sans cesse et toujours, à la Personne de NS quelques soient nos résistances à la grâce de Dieu, nos limites…

L’histoire de l’humanité, l’histoire de l’Eglise, notre histoire personnelle (!), sont-elles autre chose que le reflet – la conséquence ! – de ce qui se passe au plus intime du cœur de chacun ; là où la grâce de Dieu est accueillie ou négligée ; là où un cœur s’ouvre ou se ferme aux dons de Dieu ? Si ce lien invisible reste imperceptible pour beaucoup, il est cependant essentiel pour l’ami de Dieu, une boussole irremplaçable sur le chemin de l’amitié avec Dieu.

Mon Seigneur et Mon Dieu !

Cette profession de foi, qui tient en 5 mots, n’allons pas croire trop vite qu’elle jaillit spontanément du cœur de saint Thomas devant l’évidence de la présence miraculeuse de Jésus ressuscité. Elle est bien plutôt l’aboutissement d’une adhésion progressive, laborieuse, au mystère de la Personne de NS. Jésus, vrai Dieu et vrai homme, qui se révèle à nous comme Sauveur de l’humanité. Ce mystère qui nous dépasse infiniment ; nous n’y entrons que par la foi qui est don de Dieu, mais qui va de pair avec une conversion profonde du cœur et de l’esprit.

Les grandes étapes de cette conversion nous sont indiquées par l’exemple de saint Thomas dans l’évangile selon saint Jean ; à nous de suivre le même chemin, avec lucidité et courage, à nous de laisser la grâce de Dieu irriguer notre cœur et le transformer…

De saint Thomas, l’évangile nous apprend que c’est un homme plein de détermination et de courage. Avant la Passion, il entraine les apôtres hésitants dans une montée vers Jérusalem que tous redoutent : Allons-y, nous aussi et mourrons avec lui ! »

Parole pleine d’à-propos ! Admirable disposition intérieure qui pourrait être nôtre ; totale disponibilité – apparente – pour suivre NS jusqu’à nous identifier avec son propre destin, partager avec Lui l’épreuve suprême de la mort… mais qui s’évapore comme la rosée du matin dès que les évènements nous bousculent et nous piétinent ! Notre cœur alors se ferme, il devient aveugle et passe à côté de l’invitation divine…

Or, la vie chrétienne se compose de 2 éléments essentiels et inséparables : Mourir avec Christ pour vivre avec Lui. Souvent, il ne s’agit que de toutes petites morts de rien du tout, de petites morts à petit feu, presque insensibles, invisibles, mais qui sont autant de portes dérobées pour trouver NS, partager quelque chose de son destin, de sa mort et sa résurrection, la vie éternelle et véritable : Allons-y nous aussi pour mourir avec Lui, signifie alors : ne rien lui refuser à NS, remettre notre vie entre ses mains bénies.

La deuxième intervention de Thomas dans l’évangile de saint Jean se situe juste avant la Passion de NS, à la dernière cène. Thomas interrompt Jésus pour lui demander : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn14, 6). Réponse énigmatique sur le moment, qui nous est familière, mais dont la portée nous échappe presque totalement !!! Tant nous sommes devenus à nous-mêmes notre propre chemin, notre propre vérité et centre de notre vie…

Pour être disciple et ami du Seigneur, c’est pourtant très facile et nous ne pouvons guère nous tromper de chemin, car il n’y a qu’un seul ! Celui que NS nous propose lui-même.

Faut-il être plus explicite ?

Un homme de Dieu a écrit :   

Ce sont des actes et pas des mots, qui caractérisent le vrai chercheur de Dieu. Il est plus difficile de se mettre en route que de parler de la route, pourtant Dieu bénit nos œuvres mais pas nos discours. Une foi inébranlable, même et surtout sans doute, quand les apparences sont contraires et qu’il faut avancer dans le noir en tenant la main de quelqu’un qui voit, mais nous ne le dit pas.

Ainsi ont fait tous les saints, ainsi sommes-nous invités à faire, ce qui nous demandera pas mal de courage et bien des renoncements. Mais nous fait entrer insensiblement dans une proximité constante et discrète avec Notre Seigneur et sa Sainte Mère, secret d’une vraie vie intérieure, laquelle demande attention, patience, souplesse et persévérance. Voilà un vrai modèle à suivre! Demandons à tous les saints qui nous précèdent de nous apprendre cela, prenons-les pour guides, et nous n’aurons pas à nous en repentir.

Amen.

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