Saint Jacques 2026

Homélie de la première messe à Sept-Fons d’un prêtre récemment ordonné, ami de la communauté

Le choix des lectures que nous propose l’Église pour fêter saint Jacques peut nous paraître surprenant. Nous aurions pu contempler son appel sur les bords du lac de Galilée et la rapidité, la spontanéité de sa réponse. Nous aurions pu aussi entendre le récit de son martyre dans les Actes des Apôtres. Mais non. L’Église nous propose aujourd’hui cet épisode où l’on voit sa mère s’avancer pour demander les places d’honneur pour ses fils.

C’est un épisode très contrasté. Il nous est donné d’y contempler la radicalité du désir de Jacques, qui affirme vouloir boire à la coupe de Jésus, mais aussi d’y constater de l’ambition. Au moment de fêter cet apôtre, c’est un peu comme si l’Église voulait nous rappeler que Jacques, comme tout homme appelé par Jésus, était un homme pécheur au cœur mêlé. Ainsi, pour reprendre les mots de saint Paul, nous comprenons bien que « cette puissance extraordinaire », celle de son témoignage, celle de son martyre, « appartient à Dieu et ne vient pas de lui ».

Si nous prenons le temps de nous arrêter sur le cœur mêlé de Jacques, ce n’est pas pour nous résigner devant le nôtre. Bien sûr, il nous faut désirer un cœur pur et y travailler. Bien sûr, il nous faut chercher à nous convertir et à nous laisser sanctifier par Dieu. Mais, et c’est peut-être ce que nous pouvons retenir aujourd’hui, il nous faut également apprendre à ne pas nous inquiéter de ne pas y parvenir immédiatement. Il nous faut accepter de nous présenter devant Dieu avec ce cœur mêlé, ou malgré ce cœur mêlé, pour l’aimer. Car, au fond, c’est le seul cœur que nous ayons aujourd’hui pour répondre à son amour.

C’est cette attitude que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus cherchait à vivre : « Moi, si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderais toujours la même confiance. » Cette confiance est essentielle dans toute vie chrétienne. Elle l’est peut-être davantage encore dans un chemin vocationnel. Le séminariste – celui que j’étais encore il y a quatre semaines – et peut-être aussi l’homme qui désire devenir moine doivent accepter et consentir à répondre à l’appel de Dieu avec ce cœur mêlé, ou malgré ce cœur mêlé, parce que c’est le seul dont ils disposent aujourd’hui pour suivre le Christ.

Puisse Dieu nous donner de ne jamais désespérer devant la réalité de nos cœurs mêlés, mais de placer toute notre espérance en lui. À l’image de saint Jacques, il saura bien nous aider à devenir saints. Amen.re espérance en lui. À l’image de saint Jacques, il saura bien nous aider à devenir saint. Amen.

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