2e dimanche du Temps Ordinaire / Année A

La vocation de Jean-Baptiste consiste à rendre témoignage et préparer le chemin pour le Christ, Messie ! Il a commencé sa mission très tôt dès le sein de sa mère. L’évangéliste Saint Jean au début son prologue nous le confirme : « Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière. »

Nous ne pouvons pas douter du témoignage de Jean-Baptiste ! Mais le double témoignage qu’il vient de rendre à Jésus nous montre, cependant, que Jean, lui-même, se trouve dans une situation qui le dépasse ! En effet, quand il voit Jésus venir à lui, il proclame : « voici l’Agneau de Dieu. » Et il ajoute qu’il ne le connaissait pas. Peut-on rendre témoignage à quelqu’un sans le connaître ? Ou bien le signe d’une vraie vocation, serait-ce d’agir sans trop comprendre ? La réponse est non évidemment ! Jean connaît bien son métier !

Il nous précise tout de suite que tout ce qu’il dit ne vient ni de lui-même, ni du ouï-dire ! « Mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit !» Autrement dit, pour Jean, l’appel de Dieu est sans appel ! Il s’agit plutôt de se laisser totalement conduire par Dieu. C’est là, où se trouve la clé d’une vraie vocation !

Un auteur (David Barsotti) disait : « La vraie vocation de l’homme – celle à laquelle Dieu en personne l’appelle – exige qu’il dépasse le monde et qu’il se dépasse soi-même. Dieu a voulu que l’homme ne s’arrête pas, jusqu’à ce qu’il soit entré dans la vie divine. » Ce dépassement de soi en vue de Dieu trouve un écho parlant dans l’attitude de Jean-Baptiste dont le renoncement était tout ordonné à sa mission, qui consistait à révéler le visage du Messie annoncé par le prophète Isaïe et attendu par les nations.

C’est ce qu’affirme la première lecture : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Les moines ne s’y sont pas trompés en reconnaissant dans la figure de Jean-Baptiste un modèle et un précurseur pour leur forme de vie particulière.

Le nom qu’il porte : « Dieu fait grâce », est tout un programme pour qui a fondé son existence exclusivement sur la grâce. Celle-ci en effet appelle, transforme, soutient et témoigne. Sa vie au désert est apparue très tôt aux moines comme un modèle à imiter. Ils ont trouvé dans son attitude radicale, son humilité, ses doutes mêmes (es-tu celui qui doit venir ?) un exemple très parlant. Le don de sa vie, enfin, traduit l’aspiration suprême de chacun d’entre nous : être fidèle jusqu’au bout dans toute circonstance.

Le fait d’avoir été un véhément prédicateur n’a pas empêché les moines d’en faire leur modèle. Les deux formes de vie, apostolique et contemplative,  sont des expressions complémentaires de la suite du Christ à laquelle tout chrétien est appelé. Amen.

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